Applications militaires et contraintes

          Pour cette partie, consacrée au domaine militaire, nous avons rencontré un ancien colonel de l'armée de l'air, Mr Hurel (extrait de CV : http://www.viadeo.com/fr/profile/guy-andre.hurel), ce qui nous a permis de mieux comprendre les enjeux stratégiques et les contraintes du supersonique.

          Tout d'abord, le supersonique présente un intérêt tactique dans le domaine militaire. Déjà, pendant la Guerre Froide, le supersonique permettait d'intercepter le plus rapidement possible les bombardiers provenant de l'URSS avant qu'ils n'atteignent l'Allemagne de l'ouest. Pour ce faire, les intercepteurs montaient en altitude jusqu'à environ 7000 mètres puis accéléraient à la vitesse de Mach 1,4 ( 1713 km/h). Cette tactique a été mise au point uniquement en cas d'attaques soviétiques sur Paris ou d'autres lieux stratégiques, ce qui n'a pas eu lieu. Par ailleurs, depuis que le supersonique existe, il permet l'allongement de la portée des missiles air-air, comme le MATRA super 530D, dont nous a parlé Mr Hurel. En effet, le missile accroché à l'avion va à la vitesse  de celui-ci (Mach 1.4). Une fois lancé, la vitesse du missile est de mach 1.4 plus la vitesse de propulsion de l'avion. Le missile a donc un considérable élan avant même son lancement. La vitesse du MATRA Super 530D est d'environ Mach 4.5 soit 5508 km/h ! 

 

MATRA Super 530D

 

 

             De nos jours, la guerre demande un soutien aérien permanent comme en Afghanistan. Voler plus vite que le son permet un déploiement en OPEX (Opération Extérieure) plus rapide, c'est-à-dire une intervention plus rapide.

             Le coût des avions militaires supersoniques est extrêmement élevé (un avion "Rafale" de l'armée française coûte 47 millions d'euros). Cependant, le budget de la Défense est tout aussi important pour financer l'armée de l'air ( budget de la Défense pour 2011 : 31.2 milliard d'euros ). De plus, la défense nationale fait partie de la sécurité d'Etat qui est primordiale. L'aspect économique est donc moins pris en compte dans l'armée que dans le civil.

 

Sepecat Jaguar*

 

              Toujours d'après l'interview réalisé, nous nous sommes demandés ce que pouvait ressentir le pilote lors du passage du mur du son ou lors d'un vol supersonique. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le pilote ne se rend compte d'absolument rien. Au niveau sonore, le bang supersonique n'est pas perceptible, le cockpit étant très bien isolé et le pilote portant un casque sophistiqué. Au niveau instrumental, le passage du mur du son est perceptible. L'altimètre et l'anémomètre (mesurant la vitesse) présentent des dysfonctionnements (sur l'altimètre est perceptible un décalage de 500 pieds, soit 150m). Ces instruments présentent un dysfonctionnement car l'altitude tout comme la vitesse sont déterminés par des sondes au dehors de l'avion et fonctionnant grâce à la pression extérieure. Le mur du son présentant une zone de surpression, les calculs sont donc faussés. De plus, lors d'un passage de supersonique à transsonique, un choc peut se créer et l'avion peut alors effectuer une vrille, qui est une figure à basse vitesse. Une décélération extrême est donc ressentie, car l'avion passe de mach 1 (1224km/h) à 200 noeuds (370km/h) !

 

DASSAULT Mirage III*

 

 

         *Les photos  présentes sur cette page sont celles des  avions pilotés par Mr Hurel, que nous avions rencontré à Paris.

 

DASSAULT Mirage F1*