Applications civiles et contraintes : exemple du Concorde et projets

Le premier avion supersonique devait être le Boeing 2707, mais le projet fut abandonné avant même la finalisation de deux prototypes, en 1971. C’est le Concorde qui a réellement été l’initiateur de l’avion de ligne passant le mur du son. Le Concorde est issu d’une coopération entre deux entreprises, Sud-Aviation (entreprise française) et Bristol Aeroplane Company (entreprise britannique).

Le Concorde a été majoritairement financé par les Etats français et britannique, il a été conçu pour contrer la domination américaine.

Le premier vol du Concorde a été opéré le 2 mars 1969 et il a été mis en service le 21 janvier 1976. Il volait à mach 2 et a transporté de nombreux passagers. Un Concorde a une capacité d’accueil de 100 passagers. Le projet Concorde a été arrêté en 2003.

 

  Concorde Air France

 

Cependant, il a eu un concurrent : Tupolev Tu-144, avion supersonique russe.

Sa création a été faite pour contrer à son tour le Concorde. Son premier vol a été fait le 31 décembre 1968, avant le Concorde, mais le Tupolev Tu-144 a une étonnante ressemblance avec le Concorde, à tel point que celui-ci se fit surnommer « Concordski » par les européens. Il a été mis en service le 26 décembre 1975, avant le Concorde. Vraisemblablement, il a donc été développé rapidement pour rattraper le Concorde sur le temps. Cet avion a cessé son activité en 1978.

 

       Tupolev Tu-144        

       

         Les causes d’un échec ont été multiples. Tout d’abord, le prix du kérosène était très élevé pour un avion possédant une consommation monstre (20 tonnes de kérosène par heure), situation aggravée à l'époque par les deux crises pétrolières de 1973 et 1979. Ainsi, le prix des places ne peut pas baisser (environ 5000€). De cette consommation accrue de carburant en résulte un très fort rejet de CO2 dans l’atmosphère, ainsi que des particules d'azote et monoxyde de carbone. Il était aussi très bruyant. En effet, Air France perdait entre 30 et 50 millions d'euros par an. Les cinq avions Concorde d'Air France mobilisaient 270 personnes dont 160 pour la maintenance et 40 pilotes et officiers. Le taux de remplissage du Concorde était tombé de 50% à 20%, ce qui engendrait des pertes conséquentes. Enfin, des accidents sont venus aggraver le cas de ces avions supersoniques. L’accident de Gonesse, le 25 juillet 2000, a impliqué un Concorde de la compagnie Air France. Cet accident a fait 113 morts (100 passagers, 9 membres d’équipage et 4 personnes au sol). Le Tupolev Tu-144 a aussi subi un accident au Bourget, le 3 juin 1973. Il a fait 14 morts (6 membres d’équipages et 8 personnes au sol). Encore en 2002, la compagnie américaine Boeing a abandonné son projet d’avion transsonique (environ mach 0.95) « Sonic Cruiser ». Ces réalisations ont donc été abandonnées mais l’ingénierie n’a pas renoncé à ce rêve.

 

 

                Le Japon veut encore y croire et compte fabriquer à horizon 2025 un supersonique de 300 places, à la consommation en carburant 1,5 fois inférieure à celle du Concorde, et au "bang sonique" (lors du passage du mur du son) atténué de moitié.

Le consortium Supersonic Aerospace International a révélé le design du QSST (Quiet Small Supersonic Transport) , un avion d’affaires capable de dépasser la vitesse du son tout en conservant un niveau sonore acceptable.

Conçu en collaboration avec Lockheed Martin, l’appareil pourra atteindre mach 1,6 au dessus des zones habitées. Le marché est estimé entre 400 et 500 appareils, le coût unitaire entre 80 et 100 millions de dollar l’unité.

 

 Projet QSST


               Pour autant, les contraintes subsistent. Au niveau environnemental, des réglementations limitent les émissions de polluant dans l’atmosphère, dans un contexte politique où l'importance de la nature s'accroît (Grenelle de l'Environnement, ...). Aussi, le bruit au décollage et le bang supersonique restent inévitables. De plus, le passage à la vitesse supersonique est interdit au dessus de zones habitées, sauf en cas d’interception ennemie. Au niveau économique, le pétrole dont est issu le kérosène devient de plus en plus rare et la consommation de carburant toujours élevée. Le prix des avions supersoniques d’affaires est aussi extrêmement élevé et les places pour avions de lignes supersoniques sont chères.